nuago

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Le pied, c'est mon pied

Quand il m'a touché le pied, j'ai tressailli.
Il n'avait pas seulement la technique, mais le feu en lui. Oui le feu.

La chaleur des mains, au-delà de la peau, j'étais bien.
Et j'ai tressailli.

 

C'est étrange d'avoir toujours ce besoin de fantasmer dès qu'on me touche.

Lui est un soignant, et pourtant j'ai senti comme une caresse à la fin de l'examen.

Il a pris ma cheville entre ses mains et est allé jusqu'à la pointe de l'orteil.

Je crois qu'il a émis un soupir. Je me sentais fière entre les mains du monsieur, mon pied c'est le pied.

 

Déjà lors de la radiographie, j'étais sans voix quand le médecin m'a installé le pied bien comme il fallait.

Il avait sorti un petit banc pour que je monte sur la table et pendant qu'il la montait, je me sentais démontée.

Il me tenait le pied, et j'imaginais toute sorte de choses. J'étais sans voix.

J'essayais de respirer lentement, je regardais loin. Peut-être était-ce le vertige ?

 

Là avant qu'il ne mette en marche toutes sortes d'appareil, j'écoutais ses explications.

J'allais au fond de moi pour ressentir le plus ou le moins de douleurs.

Là je touche mon pied. Je me touche le pied ! Il est doux après son bandage, oui bandage à l'argile et enveloppe de cellophane. Bandage oui.

Enrubanné de plastique, mon pied est solide et sa tenue impeccable. Je me sens nue.

 

Pourquoi ce mal là, au fond de moi ?

Moi qui aime randonner, flâner, me promener, je vais être tout l'été condamnée à errer boitillant.

J'ai laissé tomber mes pieds, je ne trouve plus le mien. 

Pourtant, quand il m'a touché, j'ai tressailli.pied.jpg

 

 



07/07/2016
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