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L'histoire de la p'tite culotte

Toute ressemblance avec une p'tite culotte existante ne serait que pur plaisir. 

 

Elle était assise sur la grève un peu froide, la pierre était dure, elle sentait les petits cailloux qui abîmaient ses fils. Elle était en dentelle de Calais, violette, celle que sa maîtresse portait lors de grandes occasions, et le principal concerné était en retard. 

Décollage, elle a enfin compris. Maîtresse se lève. La voilà assise de nouveau sur un plaid qui lui tient chaud. Pour la remercier, la p'tite culotte entre dans les fesses de sa propriétaire, qui la remet d'un geste à sa place, agacée. Hmm les doigts qui la caressent, c'est agréable. Elle aime bien être tripotée. 

Depuis qu'elle s'était retrouvée en PP* sur de nombreux réseaux sociaux, sa carrière de p'tite culotte avait changé. Sortie du tiroir aux chaussettes, elle avait été choyée, mise en lumière, photographiée, elle prenait des poses (les poses qu'on lui imposait certes). Elle s'était retrouvée regardée par des milliers de personnes, attisant leurs envies, exposée, reluquée, destinée à inviter le mâle (de préférence) à questionner la dame qui la portait, et accessoirement la rencontrer.

Parfois elle se retrouvait en page intérieure, en selfie improvisée, en selfoufoune devrait-elle préciser, même si sa propriétaire prenait un soin exemplaire à ne laisser dépasser aucun poil à travers les dentelles délicates. Mais en avait-elle seulement ?

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Oups, Maîtresse se relève. Il est enfin arrivé. A travers les plis de la robe fine, elle sent un tissu raffiné, contact bref de tissu à tissu, finalement pas si bref que cela. Le monsieur s'excuse de son retard en gardant la dame dans ses bras un peu plus longtemps que la normale, (oh elle lui plaît) et la p'tite culotte remarque alors déjà l'objet du monsieur poindre derrière le slip, mais elle se demande quand même s'il en portait un. Avec les hommes, il y avait rarement des surprises. Bien souvent, la p'tite culotte se retrouvait à terre à côté des chaussettes de la journée, ou carrément sur le slip kangourou blanc. Elle rêvait de rencontrer le boxer dont faisait état régulièrement un follower, mais sans y croire vraiment. Rêver c'était bien aussi. 

Les participants s'assoient sur le parapet, et le pop d'un bouchon de champagne se fait entendre, ainsi que des rires. La p'tite culotte patiente tranquillement, sait bien ce qui va advenir. D'ailleurs, ça ne tarde pas, Maîtresse écarte un peu les cuisses et ainsi la p'tite culotte a une parfaite vue dégagée sur les chaussures de la dame et la jambe du monsieur qui se dresse au-dessus d'elles. Elle entend les bouches qui se touchent et voit la main remonter le long de la cuisse et s'arrêter au bord du bas. "Coucou les doigts" ose la p'tite culotte. Elle les voit s'agiter mais trop fébriles pour répondre restent là, timides soudainement. La p'tite culotte s'impatiente, elle veut être touchée, d'ailleurs elle sent les lèvres derrière elle s'entrouvrir. Ah non, pas maintenant, si elle est déjà mouillée, elle va attraper froid. Le monsieur semble avoir du doigté, et enfin ils remontent jusqu'à elle. Mhmm elle ondule longuement sous la pulpe charnue et se sent étirée, caressée au niveau du clitoris, elle adore particulièrement ce moment. Elle sait que le contact de son tissu au niveau de cette proéminence ourlée va déclencher les soubresauts de sa porteuse. Les doigts la font pénétrer un peu dans le conduit où coule parfois une rivière, puis s'enfoncent de plus en plus fort. Il fait tout noir soudain.

"Pas trop, je vais me déchirer, suis délicate" réussit-elle à murmurer aux doigts désormais malicieux et la faisant tournoyer à l'intérieur du conduit.

Ce qui devait arriver arriva, la p'tite culotte se déchire un peu à la lisière du fond et de la dentelle. Voilà ! Voilà ! Il va falloir encore subir la torture de l'aiguille. Ah celle-là, la p'tite culotte l'appelait Miss Sado tant elle adorait piquer son tissu soyeux, notamment au moment de passer le chas plus épais.

Enroulée autour du majeur, la p'tite culotte devient de plus en plus mouillée. Elle va attraper froid. Ils ne pourraient pas aller ailleurs, dans une pièce chaude, qu'on en finisse. Un petit vent s'infiltre autour d'elle avec les va-et-vient. Elle est lasse tout d'un coup et suffoque.

Les doigts comprennent son désarroi et se retirent, la remettent en place. La p'tite culotte n'a pas le temps de reprendre son souffle qu'elle voit apparaître la bouche ; deux lèvres énormes se posent sur elle, l'embrassant, la suçotant. Le sang afflue sur les propres lèvres de Maîtresse, battements répétés de la pression sanguine. La culotte est ainsi prise entre plusieurs coups, doux et de plus en plus prononcés. Ce moment la réchauffe un peu, même si elle est mouillée de partout, sur l'endroit et sur l'envers. 

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Soudain, les doigts l'écartent, et Maîtresse se prend frénétiquement de passion, elle roucoule, pousse des halètements, lève les fesses. Mais que fait-elle ? Trois mains retirent la p'tite culotte d'un coup et hop elle se retrouve dans un endroit bien sombre et étroit, à côté d'un mouchoir à carreaux, un peu usagé aux entournures et d'une odeur à hoqueter.

"Pouah" dit le mouchoir, "mais qui êtes-vous ?

"Pouah moi ? Mais c'est vous ! Où suis-je ?"

"Dans une poche voyons ! Que vous êtes jolie".

Les ballottements poussent la p'tite culotte vers le mouchoir au tissu râpeux et aux effluves rances d'eucalyptus. "Que vous êtes douce mais vous puez !" dit le mouchoir à la p'tite culotte qui n'en croit pas ses fils. Elle parfumée au Lolita Lempicka dégage désormais une odeur de salive et de bave sirupeuse. Et elle est dans une poche ! La p'tite culotte s'était parfois endormie à cet endroit mais à la fin des combats, quand les protagonistes se souhaitaient bon retour. Mais là, tout est à peine commencé et elle se retrouve à côté d'une chose peu ragoutante, désagréable et est retournée dans tous les sens. Le mouchoir en profite pour la caresser dès qu'elle est projetée sur lui. Cela aurait pu être sympathique s'il n'était pas autant plissé par la morve séchée. Puis, soudain cela se calme. Elle tend ses fils pour saisir la conversation, se relève, et quelques minutes plus tard bondit sous le déplacement du corps. Ah, c'est plus désagréable que d'être entre deux jambes mais au moins le mouchoir est tenu à l'écart. 

 

Une porte qui se ferme, sans doute de retour chez elle, elle n'avait entendu aucune conversation, aucun mot doux. Après jouissance, le couple s'était probablement séparé. Une unique fois sur la grève et c'est tout ? Sa maîtresse devait être déçue. Mais la p'tite culotte allait être plongée dans un petit bain tiède avec de la mousse moelleuse, et elle pourrait enfin se reposer. La p'tite culotte appréciait surtout les rentrées à la maison après ces sorties mouvementées, et elle était caressée par les doigts de Maîtresse, si tendre avec elle, qui la plongeait dans l'eau douce et parfumée et où elle pouvait se prélasser.

Elle entend des voix, un homme et une femme, tiens elle ne reconnait pas les timbres. Et puis soudain, une main plonge dans la poche, la saisit en même temps que le mouchoir qui en profite (saligaud) pour se serrer contre elle, et se retrouve "atchoum" dans un nez bavant et filant, mouillée d'une poisse indescriptible, sous les sourires du mouchoir qui a échappé pour une fois à son office. Elle est devant deux paires d'yeux effarés, ceux de l'homme incrédules et dégoûtés, et ceux de son épouse horrifiés.

La p'tite culotte passa alors de mains en mains, tirée, projetée, secouée, et finalement mourut sous les piétinements de la dame qui visiblement n'appréciait pas la dentelle de Calais.

 Photoculo[1].jpg

 FIN

 

* PP : photo de profil

Anne Léonard - Ma p'tite culotte (1977) https://www.youtube.com/watch?v=ZEu1VzZygec



14/01/2015
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