nuago

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Lui et la mandarine

Il ne savait plus que faire -  changer ou pas, s’arrêter ou continuer -  alors qu’elle venait à peine d’entrer dans sa vie, de le bousculer, lui, si terre à terre, de lui ouvrir les yeux sur la futilité de ses pompeuses recherches universitaires.

Elle était lasse de tout - elle voulait de la vie, de l'amour, de la joie - alors quand elle l'aperçut là dans l'aurore, un peu coincé dans sa vie, elle comprit qu'ils allaient chacun se redonner le goût de vivre.

Il faisait un petit voyage à Pompéi, non par villégiature mais pour ses recherches, il lui manquait trois photos, les détails qui changeraient le regard porté sur l'incendie flamboyant, alors il avait profité de l'automne pour s'y rendre et en même temps un peu cuivrer sa peau en orangé, lui si pâle, si triste.

Elle faisait guide touristique en Italie pour riches désœuvrés, afin d'améliorer son confort de vie, elle n'y connaissait rien, mais son décolleté melonné faisait tout pardonner, notamment auprès des papys qui la reluquaient.

Il se promenait parmi les ruines coraillées quand il entendit sa voix exquise sous laquelle il fondit de désirs inassouvis, lui qui plongeait dans les livres, se noyait sous ce timbre profond et facétieux, qui ne faisait qu'égrainer des bêtises, il en riait, il se trouvait soudain heureux.

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Elle l'étudiait dans ses livres, la photographie pleine de chagrin, Pompéi ce n'est pas rien, et avec son décolleté futile savait qu'il en faudrait plus pour avoir son cœur soumis et l'âme éprise, mais pour l'instant elle ne trouvait pas mieux que de pencher la tête comme la tour de Pise pour attirer cet homme au pieu.

Il leva le regard et trois mois plus tard était accouplé, lui décrivant des choses précises, elle les photographiant de son mieux, fini les soirées acquises à parler à ses vieux, il avait les reins brisés et l'échine safranée, il était au mieux. 

Elle a fui alors emportant ses valises vers des brouillards peu glorieux, Pompéi la brûlante c'est larmoyant et pas heureux, et les mystères bien trop mystérieux.

Il s'est mis à rêver de banquises et de blancheur de marquise, les flamboyantes ne sont que des brises et les orangers trop licencieux, il voulait de la franchise avec quand même une mandarine au fond des yeux.

Parce qu'il reste toujours quelque chose de quelqu'un.

 
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La consigne était d’écrire un texte à partir d’une couleur et d’une phrase d’ouverture donnée par un autre membre (inconnu) de l’équipe. Petit challenge supplémentaire, trouver l'inconnu(e)... 

La phrase envoyée est en gras, et la couleur... orange (j'adore).

Quant à l'inconnu(e) j'ai bien une idée. 

 

Retrouvez les autres participants ici :

http://timecriture.tumblr.com/post/108460117990/les-liens-du-dernier-jeu



20/01/2015
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